Rouvignies - Avec l’arrivée de RAFAUT, le Valenciennois rêve de l’envol d’un pôle aéronautique

02/10/2018

Rouvignies_Arrivée de Rafaut

En plus de SKF à Rouvignies et Safran à Rosult, Rafaut construit une usine à côté de l’aéroport. Chefs d’entreprise, représentants de l’État et élus imaginent déjà l’aéronautique devenir le troisième pôle industriel de l’arrondissement.

Bon, ce n’est pas encore Toulouse, mais avec bientôt trois usines, le Valenciennois devient une place forte de l’aéronautique. En allant jusqu’à Hautmont (Dembiermont), dans la Somme à Méaulte (Stelia Aérospace), à Seclin (Dassault) ou encore Lambersart (Thalès), Bruno Fontaine, président de la CCI Grand Hainaut, et Xavier Bertrand, président de la Région, ont dessiné les contours d’un «  troisième pôle industriel, aéronautique  ».

UNE FORGE ENTIÈREMENT AUTOMATISÉE

Rafaut a acheté 23 400 m 2 dans le parc d’activités de l’Aérodrome Ouest, à Rouvignies, pour y construire une usine de 10 000 m 2. « Une usine 4.0 », selon Bruno Berthet, PDG de Rafaut. «  La forge, entièrement automatisée, sera au centre de cette usine.  » Elle permettra de produire à la fois pour le civil (systèmes mécaniques de précision) et le militaire (systèmes d’emport et de largage d’armement pour les avions de combat). Des pièces importantes, pesant jusqu’à 1,5 tonne, grandes jusqu’à trois mètres. L’armée, mais aussi Airbus, Dassault, Safran, sont autant de clients de Rafaut.

« Trouver des techniciens, des ingénieurs sur place » 

Dans un an, une vingtaine de personnes y travailleront. Bruno Berthet évoque jusqu’à soixante personnes, en 2021. «  La plupart des postes sont des emplois hautement qualifiés du secteur de la production mécanique, mais aussi de l’ingénierie.  » Si vous voulez postuler, ou vous former, adressez-vous à la CCI Grand Hainaut : Bruno Berthet a dit vouloir «  trouver des techniciens, des ingénieurs sur place  ».

Rafaut, qui a décroché un marché du ministère des Armées, se verrait bien se diversifier. Avec sa forge et sa future usine, «  un investissement pour les cinquante prochaines années  », le groupe pourrait démarcher aussi les entreprises du ferroviaire, du nucléaire, des énergies nouvelles.

De la sous-préfecture à la Région, en passant par Valenciennes Métropole et la CCI, tout le monde a souligné la rapidité et la cohésion de la conduite de ce projet. Certes, c’est avant tout Raffaut qui, avec 20 millions d’euros, a porté le projet. Mais le million d’euros de la Région, les 600 000 euros de l’Agglo et «  le soutien précieux  » de la CCI ont permis de poser la première pierre seulement deux ans après les premiers contacts.

Source La Voix du Nord - Article publié le 02/10/2018 - V.T. Infographie Laurent Breye


Denain Log’s devrait créer 300 emplois dans la logistique d’ici à juin 2021

25/10/2018

L’entreprise Log’s, originaire du Valenciennois (Anzin), a jeté son dévolu sur la zone des Pierres blanches à Denain. Un permis de construire a été déposé. D’ici à juin 2021, 100 000 m2 de bâtiment devraient être sortis de terre. Trois cents emplois à la clé.

La logistique en plein boom. Et en particulier dans les Hauts-de-France. Amazon évidemment à côté de Douai ou encore les 320 hectares de l’ancienne base aérienne 103 près de Cambrai en passe de devenir le plus grand parc e-logistique d’Europe… Log’s, entreprise créée dans le Valenciennois par Franck Grimonprez au début des années 2000, joue aussi sa partition. La société se développe (voir notre carte) avec 453 000 m2 de bâtiments logistiques en projet dans la région. Parmi eux, 100 000 m2 sur la zone des Pierres blanches, que les Denaisiens connaissent davantage comme l’ancienne friche Usinor.

Log's Projets d'implantations

« C’est un territoire accueillant qui a envie de se développer. M. Grimonprez a été séduit par cette démarche. »

Là où il y eut les hauts fourneaux, on verra 16 cellules dédiées à la logistique où s’affaireront, à terme, 300 salariés. Le permis de construire a été déposé cet été. Il est entre les mains de la ville, de la Porte du Hainaut et des services de l’État. Chez Log’s, on a l’air confiant. «  Tout le monde fait en sorte que ça se fasse, avance Olivier Desoutter, directeur immobilier du logisticien. C’est un territoire accueillant qui a envie de se développer. M. Grimonprez a été séduit par cette démarche.  » Alain Bocquet, le président de la Porte du Hainaut, lors du dernier conseil communautaire s’est d’ailleurs réjoui de la nouvelle évoquant même une éventuelle « recette de 2,5 millions d’euros  ».

Multimodal

Même engouement chez la maire de Denain qui y voit une preuve de l’attractivité de la zone d’activités des Pierres blanches. «  J’ai une pépite entre les mains, souligne Anne-Lise Dufour. On va avoir le canal Seine Nord, on a l’autoroute et une voie ferrée toujours utilisée (par Arcelor, NDLR) qui appartient à l’agglo. Quand vous présentez une zone de 80 hectares multimodale, vous n’avez aucun problème à la vendre.  » Cet aspect multimodal a constitué un argument de poids, confirme-t-on chez Log’s qui, rappelons-le, dispose aussi d’un terminal à conteneurs à Anzin.

Logs' Denain_ChantierL’horizon s’annonce dégagé pour la zone des Pierres blanches qui devrait accueillir 100 000 m 2 de logistique d’ici à juin 2021. PHOTO PIERRE ROUANET - VDNPQR

Les travaux à Denain pourraient démarrer en juillet, en deux phases : 50 000 m2 livrés en juin 2020 (avec les premières embauches de 150 personnes) et l’autre moitié un an plus tard (300 salariés au total). Log’s aurait déjà trouvé les clients pour alimenter son site denaisien, de «  belles pointures  », nous annonce Olivier Desoutter comme Norauto, Auchan, La Redoute, Vert Baudet ou Orchestra par exemple. Les embauches aussi se feront en deux temps par tranche de 150 personnes. «  On s’est rendu compte qu’on avait besoin de main-d’œuvre, mais qu’elle n’était pas forcément formée, détaille Olivier Desoutter. On a donc créé la Log School.  » Deux mois de formation à Lesquin, en métropole lilloise. «  On ne veut pas que la distance soit un frein alors on prendra en charge les salariés de Denain pour les emmener à la Log School avec deux minibus.  »

 

Source La Voix du Nord - Parution du 6 octobre 2018 - Jérémy Lemaire


Michel-Édouard Leclerc pour inaugurer l’hyper de la rue Macarez

07/11/2018

actu-hbc-leclercAlors que le Leclerc de la rue Macarez version hyper ouvre ce mercredi ses portes, Michel-Edouard Leclerc, le grand patron de l’enseigne, est venu inaugurer le magasin ce mardi soir. Interview.

Il y a beaucoup d’inquiétudes quand un Leclerc ou une autre enseigne de grande distribution s’implante. Qu’est-ce que vous répondez aux personnes qui parlent par exemple de désertification de centre-ville ?

« Il y a une vraie inquiétude dans tous les métiers en France parce que la mondialisation, la digitalisation, les changements de comportement des consommateurs prennent de court les professionnels qui n’ont pas anticipé. Et la tentation est de s’adresser à l’enseigne qui a réussi, qui fait le buzz et au fond, toute ma vie j’ai connu ça. (…) C’est un peu une réaction corporatiste, chacun fustige l’autre plutôt que de faire son autocritique et de se remettre en selle, de chercher de nouvelles techniques (…). »

À un moment où on parle beaucoup de circuits courts, de développement du bio, etc. est-ce que le modèle de l’hyper a encore sa place  ?

« Ce n’est pas la technologie qui fait la qualité de la promesse commerciale, c’est ce qu’il y a à l’intérieur du magasin. Et en l’occurrence, Leclerc, on est déjà le deuxième distributeur de produits bio en France (…). Quand on dit « la fin de l’hyper », moi ça fait quinze ans que j’entends ça. On est devenu le premier distributeur français avec des hypers. Ici, Gonzague (Detavernier, le patron du site valenciennois, NDLR), il vient d’investir pour quinze ans, s’il n’y croyait pas, il se tirerait une balle dans le pied. (…) Il y a un discours très parisien pour dire qu’il faut revenir à la proximité dans les centres-villes alors qu’on interdit aux camions de rentrer pour approvisionner et que les bagnoles des consommateurs sont surtaxées. (…) »

En novembre, l’essence à prix coûtant, est-ce que c’était une réponse au mouvement de grogne des automobilistes avec des appels aux blocages le 17 novembre ?

« Non, on me croit, on ne me croit pas, on n’avait pas décidé d’en faire une communication nationale. Depuis deux mois, les trois quarts des centres Leclerc dans les zones les plus touchées par le pouvoir d’achat étaient déjà à prix coûtant. (…) Je ne veux pas récupérer cette révolte, mais par contre cette révolte, je dis au gouvernement qu’elle devrait nous amener à reconsidérer le discours trop comptable, trop techno (…). Il faut qu’il parle aux gens, il n’y a, par exemple, pas de ministre de la consommation qui relaie la politique du gouvernement. (…) »

Une surface triplée

Le Leclerc de la rue Macarez change clairement de dimension ce mercredi. Dès l’entrée, les clients ne seront plus accueillis par quatre, mais par 17 caisses. La surface du magasin fait un bond : elle passe de 950 à 3 300 m2 et un nombre de produits proposés doublé (de 15 000 à 30 000). Un accroissement qui avait d’ailleurs fait grincer des dents puisque la ville de Valenciennes notamment a épuisé tous les recours administratifs pour s’opposer à cette extension jusqu’à ce qu’en avril 2016, le Conseil d’État ne tranche en faveur du géant de la grande distribution. En s’agrandissant, l’enseigne a également recruté en embauchant 80 personnes, principalement en CDI.

Source La Voix du Nord - Parution du 06/11/2018 - Propos recueillis par Jérémy Lemaire