Michel-Édouard Leclerc pour inaugurer l’hyper de la rue Macarez

07/11/2018

actu-hbc-leclercAlors que le Leclerc de la rue Macarez version hyper ouvre ce mercredi ses portes, Michel-Edouard Leclerc, le grand patron de l’enseigne, est venu inaugurer le magasin ce mardi soir. Interview.

Il y a beaucoup d’inquiétudes quand un Leclerc ou une autre enseigne de grande distribution s’implante. Qu’est-ce que vous répondez aux personnes qui parlent par exemple de désertification de centre-ville ?

« Il y a une vraie inquiétude dans tous les métiers en France parce que la mondialisation, la digitalisation, les changements de comportement des consommateurs prennent de court les professionnels qui n’ont pas anticipé. Et la tentation est de s’adresser à l’enseigne qui a réussi, qui fait le buzz et au fond, toute ma vie j’ai connu ça. (…) C’est un peu une réaction corporatiste, chacun fustige l’autre plutôt que de faire son autocritique et de se remettre en selle, de chercher de nouvelles techniques (…). »

À un moment où on parle beaucoup de circuits courts, de développement du bio, etc. est-ce que le modèle de l’hyper a encore sa place  ?

« Ce n’est pas la technologie qui fait la qualité de la promesse commerciale, c’est ce qu’il y a à l’intérieur du magasin. Et en l’occurrence, Leclerc, on est déjà le deuxième distributeur de produits bio en France (…). Quand on dit « la fin de l’hyper », moi ça fait quinze ans que j’entends ça. On est devenu le premier distributeur français avec des hypers. Ici, Gonzague (Detavernier, le patron du site valenciennois, NDLR), il vient d’investir pour quinze ans, s’il n’y croyait pas, il se tirerait une balle dans le pied. (…) Il y a un discours très parisien pour dire qu’il faut revenir à la proximité dans les centres-villes alors qu’on interdit aux camions de rentrer pour approvisionner et que les bagnoles des consommateurs sont surtaxées. (…) »

En novembre, l’essence à prix coûtant, est-ce que c’était une réponse au mouvement de grogne des automobilistes avec des appels aux blocages le 17 novembre ?

« Non, on me croit, on ne me croit pas, on n’avait pas décidé d’en faire une communication nationale. Depuis deux mois, les trois quarts des centres Leclerc dans les zones les plus touchées par le pouvoir d’achat étaient déjà à prix coûtant. (…) Je ne veux pas récupérer cette révolte, mais par contre cette révolte, je dis au gouvernement qu’elle devrait nous amener à reconsidérer le discours trop comptable, trop techno (…). Il faut qu’il parle aux gens, il n’y a, par exemple, pas de ministre de la consommation qui relaie la politique du gouvernement. (…) »

Une surface triplée

Le Leclerc de la rue Macarez change clairement de dimension ce mercredi. Dès l’entrée, les clients ne seront plus accueillis par quatre, mais par 17 caisses. La surface du magasin fait un bond : elle passe de 950 à 3 300 m2 et un nombre de produits proposés doublé (de 15 000 à 30 000). Un accroissement qui avait d’ailleurs fait grincer des dents puisque la ville de Valenciennes notamment a épuisé tous les recours administratifs pour s’opposer à cette extension jusqu’à ce qu’en avril 2016, le Conseil d’État ne tranche en faveur du géant de la grande distribution. En s’agrandissant, l’enseigne a également recruté en embauchant 80 personnes, principalement en CDI.

Source La Voix du Nord - Parution du 06/11/2018 - Propos recueillis par Jérémy Lemaire