« LME Beltrame Group s'est adaptée à la baisse du marché de l'acier »

19/03/2020

Directeur général de LME Beltrame Group, près de Valenciennes (Nord), David Iroz revient sur le redressement de cette usine sidérurgique, qui a fait l'objet de 34 millions d'euros d'investissements depuis 2017.

David Iroz est le directeur général de LME Beltrame Group depuis 2015.

Après plusieurs années difficiles pour LME Beltrame Group, que donne le plan d’investissements de 34 millions d'euros ?

David Iroz : Après plusieurs années de fortes pertes, nous avons renoué dès 2017 avec la croissance et la rentabilité. Ce redressement est la conséquence du programme d’investissements lancé cette année-là. Avec un total de 34 millions d’euros, et le soutien du groupe Beltrame, nous nous sommes concentrés sur l’outil de production, les process, la formation de nos 535 salariés, l’économie circulaire… L’année 2018 a confirmé ce retournement. Nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 309 millions d'euros, en hausse de 17 % par rapport à 2017. Notre résultat d’exploitation croît de 10 %, et notre résultat net de 1,5 %. Avant la crise qui a touché le secteur sidérurgique en 2008, nous avons connu de grandes années, avec une production annuelle un peu au-dessus du million de tonnes de laminés marchands pour le marché européen, soit le double de la production actuelle. Mais notre business model a évolué : désormais, nous adaptons la production aux besoins du marché. Nous anticipons, pour ne plus subir.

Quelles sont les perspectives pour l’année 2019 ?

D. I. : L’année 2019 s’annonce compliquée en raison de la hausse du prix de l’énergie, des matières premières et d’un marché qui n’est pas présent. Le chiffre d’affaires sera en baisse par rapport à 2018 mais nous serons tout de même rentables. La transformation menée depuis 2016 va nous permettre de passer cette période sereinement. Nous ne reverrons plus des consommations d’acier comme nous avons pu en connaître avant la crise. Et il n’est plus possible de compenser la perte de marge par du volume. Grâce à tous ces investissements, nous pouvons jouer sur d’autres leviers, à savoir la qualité de la production, une livraison optimisée et des gammes complètes, car les clients ne stockent plus. Nous avons un stock moyen de 70 000 tonnes de produits finis, et près de 350 à 450 références. En 2019, nous allons poursuivre nos investissements. Une enveloppe de 12 M€ est dédiée cette année au renouvellement de machines, à l’amélioration des conditions de travail, mais aussi à l’efficacité énergétique.

Quelles sont justement vos ambitions en termes d’efficacité énergétique ?

D. I. :  Notre ambition, c’est de réduire nos consommations énergétiques de 3 à 4 % d’ici 2020 ou 2021. L’énergie représente aujourd’hui 10 % de notre coût de revient, contre 60 % pour les matières premières. En raison de la hausse des prix de l’énergie, la facture de LME va croître de 5 M€ entre 2018 et 2019… Pour réduire nos consommations, nous investissons dans de nouveaux procédés. Nous sommes par exemple le seul site français et européen à utiliser des pneus usagés et broyés. Ils remplacent une partie du charbon utilisé pour alimenter le four électrique de l’aciérie. En 2018, cette démarche a permis de recycler 6 700 tonnes de broyat de pneus. Nous allons également consacrer 10 M€ au remplacement d’un four du laminoir, et réduire ainsi notre consommation de gaz. Et pour diminuer notre consommation d’eau, nous travaillons en circuit fermé.